
La prévention de l'obésité
En 2003 selon l’enquête ObEpi 2003, la France comptait un peu plus de 5,3 millions de personnes adultes obèses et 14,4 millions de personnes en surpoids. (Base de calcul : Enquête emploi INSEE 2002 qui comptabilise 47 686 810 français âgés de 15 ans et plus).
La prévalence de l’obésité est passée de 8,2% en 97 à 9,6% en 2000 à 11,3% en 2003 soit une augmentation d’environ 5% par an. La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé en 6 ans de 36,7% à 41,6%. A ce rythme, la France pourrait compter 20 % d’obèses en 2020. En ce qui concerne les données relatives à l’âge et au sexe, l’enquête montre que le surpoids et l’obésité progressent dans toutes les tranches d’âge. C'est à partir de 35 ans que la progression de la prévalence de l'obésité devient un problème inquiétant : entre 2000 et 2003 la prévalence de l'obésité est passée de 8,4 à 11,6% dans la tranche d'age 35-44 ans (soit une augmentation de 38% en 3 ans et de 51% en 6 ans).
L’augmentation de l’obésité touche toutes les catégories socio-professionnelles sans exception. Les professions les plus touchées par l’obésité restent, toutefois, comme dans les études 2000 et 1997 les artisans-commerçants (16,1%), les agriculteurs (13,2%), les ouvriers (12,7%) et les retraités (15,5%) contre 8,3% chez les cadres supérieurs ou professions libérales (1).
Par ailleurs, la grande étude de cohorte européenne EPIC, portant sur plus de 350 000 adultes suivis en moyenne pendant 10 ans montre que l'adiposité abdominale est correlée à un risque de décès, même chez les patients ayant un faible IMC (2).
Prévenir l’obésité et la surcharge pondérale, c’est également prévenir la survenue de pathologies associées telles que (3):
- Le diabète de type 2
- Les maladies cardiovasculaires et l’hypertension
- Les maladies respiratoires (le syndrome d’apnée du sommeil)
- Certains cancers
- L’ostéo-arthrite.
Les personnes obèses doivent vivre au quotidien avec la discrimination. Les études montrent qu'une jeune femme obèse gagne significativement moins aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne qu'une autre femme de poids normal ou souffrant d'une autre forme de maladie (4).
Quel est le coût de l’obésité et de la surcharge pondérale ?
Des études internationales sur le coût économique de l'obésité ont montré qu'il représente entre 2 % et 7 % des dépenses totales des soins de santé, le taux variant selon la manière dont l'analyse a été effectuée.
En France, par exemple, le coût direct des maladies liées à l'obésité (incluant les consultations médicales, les soins hospitaliers et les médicaments pour des maladies ayant un rapport bien établi avec l'obésité) s'élève à environ 2 % des dépenses totales des soins de santé (5). Aux Pays-Bas, ce chiffre grimpe entre 3-4 % (6).
En Angleterre, le coût annuel de l'obésité est estimé à 500 millions de livres dans les dépenses de la Sécurité sociale et l'impact sur l'économie est estimé aux alentours de 2 milliards de livres. Le coût humain de l'obésité est calculé à 18 millions de jours de maladies par an; à 30 000 décès par an, aboutissant à 40 000 années de vie professionnelle perdues et une durée de vie raccourcie de neuf ans en moyenne (7).
(1) Enquête ObEpi 2003 - L’obésité et le surpoids en France
(2) Pischon et coll
(3) Lean, M.E.J., Pathophysiology of obesity. Proceedings of the Nutrition Society, 2000. 59(3): p. 331-336.
(4) Gortmaker, S.L., et al., Social and economic consequences of overweight in adolescence and young adulthood. New England Journal of Medicine, 1993. 329: p. 1008-1012.
(5) Levy, E., et al., The economic costs of obesity: the French situation. International Journal of Obesity, 1995. 19: p. 788-792.
(6) Seidell, J.C. and I. Deerenberg, Obesity in Europe - prevalence and consequences for the use of medical care. PharmacoEconomics, 1994. 5: p. 38-44.
(7) National Audit Office, Tackling Obesity in England. 2001, The stationery Office : London
La prévention des maladies cardio-vasculaires
Avec 180 000 décès par an, les maladies cardio-vasculaires représentent la 1ère cause de mortalité en France et l'on estime à 20 millions le nombre de personnes concernées par ce risque. L’excès de cholestérol dans le sang (hypercholestérolémie) est le 1er facteur de risque de survenue d’un infarctus du myocarde (1).
Un régime alimentaire équilibré, un poids normal et l’activité physique en particulier permettent de lutter contre un excès de cholestérol.
(1) European cardiovascular disease statistics; édition 2008. European Heart Network, Bruxelles, 2008.