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Les addictions : Le mécanisme de la dépendance

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Le terme addiction est d'étymologie latine ad-dicere, signifiant «dit à», donc une appartenance en terme d'esclavage. Au XIV siècle, il apparaît dans la langue anglaise, il est généralement traduit par dépendance.

Addiction = dépendance = toxicomanie

L’addiction est caractérisée par la dépendance, c’est-à-dire l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissances négatives.

Les différents types d’addiction :

  1. produits licites : tabac, alcool, médicaments prescrits (anxyolitiques, hypnotiques, certains antidépresseurs…)
  2. produits illicites : cannabis, cocaïne, héroïne, amphétamines, ecstasy, opium….

 

Mécanisme de la dépendance

Le système nerveux central est très complexe. Le réseau neuronal comprend 50 milliards de cellules nerveuses, qui possèdent un corps cellulaire (le centre du neurone), des dendrites, qui reçoivent l’information, et des axones, qui envoient cette information vers le neurone suivant.

Depuis quelques années, il a pu être montré que tous les produits qui entraînent une dépendance chez l’homme agissent de manière différente mais possèdent en commun la propriété de libérer l’un de ces neuromédiateurs, la dopamine. Celle-ci , lorsqu’elle est libérée, entraîne l’activation d’un circuit, le circuit de la récompense. L’activation du circuit de la récompense donne une impression, réelle ou fausse, de satisfaction.

Normalement la libération de dopamine est observée, lors de stimuli annonçant une récompense naturelle, comme la consommation de nourriture appétissante.

L'augmentation artificielle des taux de dopamine consécutive à la consommation d'une drogue va entraîner une stimulation chimique directe du circuit de la récompense. Cette hyperstimulation va participer au besoin sans cesse accru, et irrépressible chez les sujets dépendants, de reproduire les conduites ayant amené à la prise de drogue.

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Nature 453, 879-884 (12 June 2008) : A phosphatase cascade by which rewarding stimuli control nucleosomal response - Jean-Antoine Girault

Reconnaître une dépendance à l’alcool, aux drogues ?

Les critères diagnostics les plus utilisés sont soit ceux du DSM IV, soit ceux de l'OMS (CIM 10). Ces critères permettent de formuler un diagnostic mais aussi de définir à quoi correspond le terme de dépendance. Deux types de dépendances existent :

- La dépendance avec dépendance physique
- La dépendance sans dépendance physique.

CRITERES DE LA DEPENDANCE SELON DSM-IV

La dépendance est un mode d’utilisation inapproprié d’une substance, entraînant une détresse ou un dysfonctionnement cliniquement significatif, comme en témoignent trois (ou plus) des manifestations suivantes, survenant à n’importe quel moment sur la même période de douze mois.

1      Tolérance manifestée par le besoin d'accroître les doses consommées pour obtenir une intoxication ou un effet désiré ou par une diminution des effets à dose consommée constante.
2 Symptômes de sevrage à la suite d'une période d'abstinence, évités ou améliorés par une nouvelle pris ede la substance.
3 Prise de la substance en plus grande quantité ou pendant plus longtemps que prévu.
4 Un désir persistant ou des efforts infructueux pour diminuer ou contrôler la consommation.
5 Beaucoup de temps passé à utiliser ou à se procurer la substance.
6 Abandonner ou réduire ses activités sociales, professionnelles ou de loisir à cause de l'usage de la substance.
7 Continuer à utiliser malgré la connaissance des risques sur la santé.

Préciser :
Avec dépendance physique : signes de tolérance ou de sevrage (item 1 ou 2 présents)
Sans dépendance physique : pas de signes de tolérance ou de sevrage (item 1 ou 2 absents).

CRITERES DE LA DEPENDANCE DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE CIM-10(1992)

Certains symptômes du trouble ont persisté au moins un mois, ou sont survenus de façon répétée sur une période prolongée. Au moins trois des manifestations suivantes sont présentes en même temps au cours de la dernière année.

1     

Désir puissant ou compulsif d'utiliser une substance psychoactive.

2 Difficultés à contrôler l'utilisation de la substance (début ou interruption de la consommation au niveau de l'utilisation).
3 Syndrome de sevrage physiologique quand le sujet diminue ou arrête la consommation d'une subsatnce psychoactive, comme en témoigne la survenue d'un syndrome de sevrage caractéristique de la substance ou l'utilisation de la même substance (ou d'une substance apparentée) pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.
4 Mise en évidence d'une tolérance aux effets de la substance psychoactive : le sujet a besoin d'une quantité plus importante de la substance pour obtenir l'effet désiré.
5

Abandon progressif d'autres sources de plaisir et d'intérêt au profit de l'utilisation de la substance psychoactive et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer ou récupérer de ses effets.

6 Poursuite de la consommation de la substance malgré la survenue de conséquences manifestement nocives.

Ces deux définitions posent nettement la dépendance comme un comportement psychopathologique en rupture avec le fonctionnement habituel du sujet. Il s'agit d'un trouble mental devant être considéré au travers de ses caractéristiques biologiques, psychologiques, sociales, culturelles et éthiques, comme tous les troubles mentaux.

Article écrit par : Docteur Marcel Garnier
(Créé le 15/10/2008 et modifié le 29/05/2009)
 
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