Stupéfiants et produits de substitution
La consommation de drogues au travail, longtemps occultée, est aujourd'hui avérée, de même que les dangers qu'elle entraîne dans le milieu professionnel.
Les principaux produits utilisés sont le cannabis, les opiacés (héroïne notamment, et morphine), la codéïne, la cocaïne, le crack, les amphétamines, l'ecstasy, les hallucinogènes (LSD notamment) et divers solvants.
Selon l’enquête réalisée par l’INPES en avril 2006, 25% des salariés et 35 % des DRH jugent de plus en plus préoccupants les problèmes de toxicomanie au travail. L’étude menée en juin dernier par l’A.N.P.A.A montre que l’usage du cannabis s’affirme en particulier, notamment par l’arrivée sur le marché du travail d’une génération pour qui le « joint » n’est pas tabou.
Les motivations de consommation restent diverses. En premier lieu apparaissent le dopage de sociabilité et, notamment, l’usage de produits comme moteur d’intégration, très présent dans certaines professions, ensuite le plaisir reccherché dans l’usage sans oublier le « fantasme de double vie » cultivé par certains usagers qui trouvent là un moyen « de développer une vie sociale déviante, attractive et fantasmatique »(1).
Les « dopés du quotidien »
Aux limites de la toxicomanie, les consommations de médicaments psychotropes (barbituriques, psychostimulants, anxiolytiques), parfois associés à des produits illicites, se développent dans les entreprises, notamment chez des cadres soumis à des impératifs de performance, qui recourent à tous les moyens disponibles pour augmenter leur productivité ou, au contraire, mieux décompresser.
Une recherche de la performance à travers l'usage de drogues
Ce phénomène prend une ampleur grandissante. Des substances illicites en soi, ou bien licites mais détournées de leur usage normal ou acquises selon des moyens illicites, sont utilisées désormais, ni pour le plaisir immédiat, ni pour l'oubli du réel qu'elles procurent, mais parce qu'elles permettent d'augmenter sensiblement ses capacités, notamment intellectuelles ou professionnelles. La frontière entre médicaments, drogue et produit dopant tend à se brouiller, comme celle entre licite et illicite.

(1) INPES-BVA-ANPAA: Sondage 3 mai 2006