
Une succession de facteurs expliquent les accidents. Le bilan 2007 marque les dangers les plus présents. Les facteurs majeurs sont l’alcool, la vitesse, la fatigue, le téléphone portable, les produits stupéfiants sans oublier la grande vulnérabilité des deux roues et le grand nombre d’accident en véhicule utilitaires légers.
L’objectif de cette rubrique est d’examiner chaque grande cause d’accidents et de trouver, pour chaque thématique, des éléments de réponse.
L'alcool est en cause dans près d'un accident mortel sur trois et dans plus de 10% des accidents corporels. Si les conducteurs impliqués sont rarement alcooliques, c'est que le risque surgit bien avant qu'apparaisse l'état d'ébriété.
La problématique de l’alcool concerne les entreprises. En effet l’entreprise peut être mise en cause dans le fait de prise d’alcool pendant les heures de travail et voir un de ses salariés être victime d’un accident de la circulation.
| Rappel du code de la route : Un conducteur est en infraction si son taux d’alcool est égal ou supérieur à 0,5g/l dans le sang (0,2g/l pour les conducteurs de véhicule de transport en commun) ou 0,25g/l d’air expiré. Entre 0,5g/l et moins de 0,8g/l dans le sang, le conducteur encourt une amende maximale de 750€ et un retrait de 6 points du permis de conduire. A partir de 0,8g/l, le conducteur risque jusqu’à deux ans de prison et 4 500€ d’amende, en plus du retrait de 6 points. Une suspension du permis de conduire peut également être prononcée. |
La vitesse, ce n'est pas seulement rouler très vite. C'est aussi rouler trop vite quand les circonstances imposeraient de ralentir. Excessive ou inadaptée, la vitesse intervient dans un accident mortel sur deux. Le respect des limitations de vitesse aurait permis d’épargner 900 vies et plus de 700 blessés en 2007. Il faut bien prendre en compte que la vitesse augmente le nombre d’informations transmises au cerveau. Des informations capitales peuvent ainsi disparaître comme de ne pas déceler d’autres usagers ou des panneaux de signalisation. Plus la vitesse augmente plus le champ visuel diminue. A l’arrêt, l’être humain a un angle de vision de 180°. Cet angle est de 100° à 40km/h et de 30° à 130 km/h.
La distance d’arrêt augmente considérablement avec la vitesse. La distance parcourue pendant le délai incompressible de réaction (1à 2 secondes s’accroît). La distance d’arrêt est ainsi de 26 m à 50km/h et de 78m à 100km/h soit 3 fois plus. Au total la distance totale d’arrêt est de 28 m à 50km/h alors qu’elle est de 129m à 100Kkm/h soit plus quatre fois plus grande.
En cas d’accident, plus la vitesse est grande, plus le choc est violent et les conséquences sont graves. Le choc correspond à une accumulation de l’énergie cinétique dont la formule est ½ masse X la vitesse au carré (E=1/2 Mv2). Donc à 10 km/H une voiture d’une tonne soit 1000kg produira une énergie de ½ 1000X10 X 10 c'est-à-dire 50 000 Joules. A 20 km/h l’énergie au moment du choc sera de 1250000 Joules soit 25 fois plus.
Dans ce contexte la mort est presque inévitable pour un conducteur même ceinturé lors un choc supérieur à 80,00km/h. Il est donc primordial d’informer et de sensibiliser les conducteurs sur les risques de la vitesse.
La fatigue concerne tout le monde, c'est une cause d'accidents trop souvent ignorée. Elle est responsable d'un accident mortel sur trois sur autoroute. D’après le docteur Philip du CHU de Bordeaux, le risque d’avoir un accident est 8 fois supérieur lorsque l’on est somnolent. Il est donc nécessaire de préserver son capital sommeil, d’éviter les nuits courtes et les horaires décalés les jours qui précèdent la conduite. Si vous êtes somnolent de façon régulière consultez un médecin. Evitez de conduire aux moments où le risque de somnolence est plus important (entre 13h et 16 h et entre 2h et 5h). Dès les premiers signes, il faut s’arrêter et dormir une vingtaine de minutes ; pour récupérer rapidement prendre un ou deux cafés avant une courte sieste, son absorption de gêne pas l’endormissement et permet de retrouver l’ensemble de ses capacités au réveil. Il faut également savoir que 17h de veille active équivalent à 0,5g/l d’alcool dans le sang.
Le téléphone portable s'impose partout, dans la rue, au restaurant... et en voiture. Une mauvaise affaire pour la sécurité. Il est impliqué dans près de 10% des accidents. Toutes les études scientifiques montrent que le risque d’accident est multiplié par 6 lors des premières minutes de la communication puis par 4. Les conducteurs qui téléphonent en conduisant ont 38% d’accidents en plus que ceux qui ne téléphonent jamais au volant. Ce risque est indépendant du type de téléphone utilisé, qu’il soit tenu en main, équipé d’une oreillette ou muni d’un kit main libre. Le téléphone, même avec une oreillette ou un kit mains libres modifie le comportement et la capacité à réagir. Le véhicule tend souvent à ralentir et à zigzaguer. De plus en cas d’imprévu le temps de réaction augmente de 50% en moyenne.
Il est rappeler que l’usage d’un téléphone portable tenu en main au volant est formellement interdit. Le contrevenant s’expose à une amende de 35 € et au retrait de 2 points. Même avec un kit main libre ou une oreillette, la responsabilité du conducteur en cas d’accident peut être retenue au motif qu’ « il doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent » (article R.412-6 du code de la route.