
Un sommeil de qualité permet de maintenir et d’améliorer les performances intellectuelles, psychiques et physiques d’un individu. La qualité du sommeil influence la vigilance, caractérisée par la capacité à réagir et à s'adapter efficacement. La somnolence abaisse l’état de vigilance et favorise l'assoupissement. Les relations entre sommeil, somnolence et efficacité au travail sont donc étroites : le manque chronique de sommeil peut avoir de multiples répercussions sur la vie professionnelle. En effet, certains troubles du sommeil tels que des difficultés d’endormissement, des éveils nocturnes fréquents ou des insomnies augmentent les risques liés à la sécurité au travail.
Un manque chronique de repos entraîne une dette de sommeil, qui peut être responsable :
- d’une diminution de la vigilance, des capacités physiques et cognitives (compréhension, concentration, mémorisation, etc.)
- d’une augmentation des risques d’erreurs, d’accidents de travail et d’accidents routiers
- d’une perte de productivité
- d’une élévation du taux d’absentéisme
- de troubles du comportement (conflits, difficultés relationnelles, irritabilité, dépression, etc.)
Les différents troubles ou une dette de sommeil se répercutent sur la santé physique et mentale des salariés : des études scientifiques mettent en évidence les risques accrus de survenue ou d’aggravation de certaines pathologies :
- complications métaboliques,
- prise de poids et obésité,
- diabète,
- troubles respiratoires et cardiovasculaires,
- symptômes dépressifs, etc.
Les conditions de travail de certains salariés peuvent favoriser les troubles du sommeil, notamment chez les travailleurs postés et de nuit, effectuant des horaires atypiques. Les rotations d’équipe, les rythmes de travail changeants, les nuisances physiques de l’environnement (bruit, chaleur, etc.), les décalages horaires (ou phénomène de jet lag), ainsi qu’une surcharge de travail ou un stress professionnel sont autant de causes influençant l’hygiène du sommeil. Fonctionnement du sommeil
Le sommeil comporte plusieurs cycles qui se répètent plusieurs fois dans la nuit. Schématiquement, on distingue deux phases (le sommeil lent et le sommeil paradoxal) d'une durée de près de 90 minutes et qui se répètent plusieurs fois au cours de la nuit.
Le sommeil lent (ou sommeil calme à ondes lentes) dure de 60 à 75 minutes et comporte 4 stades : endormissement, sommeil léger, sommeil profond, sommeil très profond. Cette phase de sommeil a plusieurs rôles.

Le rythme circadien est un rythme biologique interne d'environ 24 heures, qui régule la fonction sommeil. Les postes soumis à des horaires atypiques (travail posté, travail de nuit, etc.) peuvent conduire à une désynchronisation des rythmes circadiens : les modifications hormonales et métaboliques engendrées perturbent les travailleurs.
Ils présentent notamment :
- des troubles du sommeil (insomnie, manque de sommeil, difficultés pour s’endormir, éveils nocturnes, etc.), et des somnolences diurnes générant une baisse de la vigilance.
- une surconsommation de médicaments hypnotiques et de substances stimulantes (café, tabac, alcool, etc.).
- une désynchronisation des prises des repas (qui influencent les rythmes biologiques).
- des difficultés relationnelles (rythmes sociaux décalés, relations perturbées avec les membres de la famille, etc.).
Le sommeil mérite d’être considéré comme un réel sujet de prévention, impliquant des enjeux sécuritaires, économiques, sanitaires et sociaux. Les rythmes de travail doivent être adaptés aux rythmes biologiques. Les entreprises peuvent agir sur plusieurs facteurs d’amélioration, pour favoriser le bon sommeil des travailleurs.