
L’organisation du travail, les conditions de travail peuvent avoir un impact important sur le sommeil de vos salariés. Des mesures simples peuvent être mises en place.
L’organisation du travail
L’organisation du travail des salariés peut influencer les rythmes biologiques de l’organisme et les performances durant l’état de veille. L’aménagement des horaires et les rythmes de travail sont à considérer tout particulièrement, dans le cas des salariés exerçant un travail posté, de nuit, ou impliquant des horaires décalés.
Le syndrome de “Jet Lag” (décalage des fuseaux horaires) est fréquemment observé lors des déplacements professionnels à l’étranger : l’entreprise peut accompagner les salariés en les conseillant sur les attitudes à adopter (concernant le climat, les conditions de voyage, etc.).
Le personnel roulant (chauffeurs-livreurs, routiers, etc.) doit être tout particulièrement sensibilisé aux risques d’un mauvais sommeil : la vigilance au volant est indispensable pour conduire en sécurité.
Les conditions de travail
Les difficultés professionnelles peuvent perturber la quantité et la qualité de sommeil : surcharge de travail, pénibilité des tâches et insatisfaction au travail, environnement inconfortable et nuisances physiques (bruit, chaleur, positions statiques contraignantes, etc.), stress professionnel, climat social dégradé etc.
Il est donc nécessaire pour l’entreprise d’observer, d’analyser et d’agir sur les conditions de travail, pour mieux prévenir les risques liés aux troubles du sommeil.
L’amélioration de la qualité de vie personnelle participe aussi à favoriser une bonne hygiène de sommeil. Les difficultés d’ordre privé (stress généré par des problèmes personnels et familiaux, etc.), une mauvaise hygiène de vie (alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique, etc.), des longs trajets entre le lieu de travail et le domicile (temps de transports, etc.) retentissent également sur la qualité du sommeil.
L’information de vos salariés
L’entreprise doit mettre en œuvre une action préventive sur le thème du sommeil et sa prise en charge afin de sensibiliser les travailleurs sur les risques liés au manque de sommeil. La prévention repose essentiellement sur la délivrance d’une information pertinente.
Les traitements
Les difficultés liées au sommeil peuvent nécessiter la consultation d’un médecin et éventuellement l’avis d’un centre spécialisé dans les diagnostics et les traitements du sommeil. Les méthodes pour soigner certains troubles reposent sur des médicaments des techniques comportementales ou des méthodes de relaxation.
A noter que l’adoption d’une bonne hygiène de vie est le premier traitement recommandé : suivre des horaires de levers et couchers réguliers, avoir une alimentation saine et adaptée, pratiquer une activité physique quotidienne, faire une courte sieste en journée, etc. Sommeil et hygiène de vie : deux alliés nécessaires. La prévention et le traitement des troubles du sommeil peuvent s’appuyer sur une hygiène de vie de qualité. Une activité physique régulière, une alimentation saine et une consommation réduite d’excitants sont des facteurs d’amélioration du sommeil. L’éveil serait stimulé durant plusieurs heures après la pratique d’activité physique, puis une envie de dormir (effet de la sérotonine et de la dopamine notamment) apparaîtrait pour obliger l’organisme à se reposer. Les personnes pratiquant une activité physique dormiraient mieux que les personnes physiquement inactives. Le type d'entraînement physique peut aussi avoir un effet sur l'apparition du sommeil. Une activité physique entraînant une forte dépense d'énergie aurait plus d’effets bénéfiques sur le sommeil lent profond. L'entraînement aérobie (activités qui développent l’endurance, footing, natation, vélo, etc.) augmenterait la quantité de sommeil lent profond, au contraire de l'entraînement de la puissance (musculation, etc.). Le sommeil serait également moins fragmenté chez les personnes physiquement actives, ce qui influencerait positivement leur qualité de sommeil (selon les études* de Trinder et al.) La pratique d’une activité physique régulière permettrait : L'alimentation influence également les rythmes biologiques et circadiens. Il est recommandé de faire un repas léger au moins deux heures avant le coucher, pour ne pas perturber le sommeil. Certains aliments favoriseraient la somnolence : il est préférable de privilégier les aliments à base de glucides lents (pâtes, riz, pommes de terre, pain, etc.) ainsi que les produits laitiers et d’éviter les aliments riches en graisses. * Références scientifiques :
Les interactions entre activité physique est qualité du sommeil sont démontrées* : plusieurs études ont mis en évidence l’utilité de l’activité physique.
- un endormissement plus rapide et des réveils nocturnes moins fréquents
- un sommeil plus réparateur (sommeil à ondes lentes augmenté, cycles de sommeil plus réguliers)
- une durée de sommeil plus importante
- une augmentation de la vigilance diurne.
Une activité physique régulière efficace correspond au moins à 30 minutes d’exercices (3 à 4 fois par semaine), effectuée avant 19 heures.
L'alcool et le tabac perturbent la qualité du sommeil et tendent à le fragmenter (éveils nocturnes fréquents). Ils influencent également la survenue ou l’aggravation de troubles respiratoires (ronflements, apnées du sommeil, etc.).
Les stimulants tels que le café, le thé ou les boissons énergisantes, contenant de la caféine, de la théine et autres stimulants, sont à éviter en fin de journée. Ils retardent l’endormissement et favorisent les éveils dans la nuit.
Une bonne hygiène de vie peut donc aider à améliorer la quantité et la qualité du sommeil : une alimentation adaptée et des comportements sains sont à privilégier avant de recourir à des aides médicamenteuses.
- Montgomery I, Trinder J, Paxton SJ. Energy expenditure and total sleep time: effect of physical exercise. Sleep 1982; 5: 159-168.
- Shapiro CM, Warren PM, Trinder J, et al. Fitness facilitates sleep. Eur J Appl Physiol 1984; 53: 1-4.
- Vuori I, Urponen H, Hansan J, Partine M. Epidemiology of exercise effects on sleep. Acta Physiol Scand 1988; 133 (Suppl 574): 3-7.
- Horne JA, Staff LHE. Exercise and sleep: bodyheating effects. Sleep 1983; 6: 36-46.
- Matsumoto K, Saito Y, Abe M, Furumi K. The effects of daytime exercise on night sleep. J Hum Ergol 1984; 13: 31-36.
- Gaillard JM. Alimentation and sleep. Médecine et hygiène 1992, vol. 50, no1955, pp. 3035-3039.