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La violences au travail : définitions et chiffres clés

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Définitions
- Violences au travail :
Les violences au travail se caractérisent par ‘'tout incident au cours duquel des personnes sont victimes de comportements abusifs, de menaces ou d'attaques dans des circonstances liées à leur travail et impliquant un risque explicite ou implicite pour leur sécurité, leur bien-être et leur santé'' (Richard Wynne, 1997).

- Le harcèlement moral :
Comportement négatif entre collègues ou entre supérieurs hiérarchiques et subalternes, par lequel la personne concernée est humiliée et agressée à maintes reprises, de manière directe ou indirecte, par une ou plusieurs personnes, dans le but - et avec comme résultat - de l'exclure''. (Comité consultatif pour la sécurité, l'hygiène et la protection de la santé sur le lieu de travail de la Commission européenne).

Aux violences internes, il faut souligner la possibilité de violences exercées par un individu extérieur à l'organisation ou l'entreprise (client, ex-conjoint, voleur...).

Le ‘'mobbing'‘ (Heinz Leyman 1993) est caractérisé par l'enchaînement sur une assez longue période, de propos et d'agissements hostiles, exprimés ou manifestés par une ou plusieurs personnes envers une tierce personne (la cible).

Les 45 agissements caractéristiques du ‘'mobbing'' sont regroupés en 5 éléments-clés :

  •  Agissements destinés à empêcher la victime de s'exprimer
  • Agissements visant à isoler la victime
  • Agissements visant à déconsidérer la victime auprès de ses collègues
  • Discréditer la victime dans son travail
  • Compromettre la santé de la victime

Le Conseil économique et social a considéré que la réflexion sur le harcèlement moral ne peut être déconnectée ‘‘de celle du pouvoir sur le lieu de travail, et plus profondément de l'organisation du travail lui-même''. C'est pourquoi, il est important que les dirigeants d'entreprise s'intéressent à cette problématique ayant des conséquences.

Etude Travail, violences et environnement (Rapporteur : Michel DEBOUT, avis adopté en novembre 1999), Etude Le harcèlement moral  au travail (Rapporteur : Michel DEBOUT, avis adopté en avril 2001).

- Le harcèlement sexuel :
Contrairement au harcèlement moral qui nécessite des agissements répétés, un seul acte peut être constitutif d'un abus d'autorité en matière sexuelle.

Le harcèlement sexuel est le fait pour toute personne de harceler autrui par des agissements dont le but est d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers.

Depuis la loi du 17 janvier 2002, le rapport d'autorité hiérarchique n'est plus nécessaire. Les agissements de harcèlement sexuel légalement répréhensibles peuvent être le fait de toute personne dans l'entreprise, collègues, subordonnés... De même, la lutte contre le harcèlement sexuel s'étend dorénavant aux candidats en poste et aux stagiaires.


Chiffres et repères des violences sur les lieux de travail
Au niveau international et européen
Selon la 4e enquête sur les conditions de travail en Europe (2005), au cours de 12 derniers mois :

  • 5 % des travailleurs signalent avoir fait personnellement l'objet de violences de la part de collègues ou d'autres personnes. Des niveaux supérieurs à la moyenne sont constatés aux Pays-Bas (10 %), en France et au Royaume- Uni (9% dans les deux cas) et en Irlande (8%).
  • 5 % des travailleurs déclarent avoir fait l'objet d'un harcèlement moral sur leur lieu de travail. Les femmes font davantage l'objet de harcèlement moral que les hommes (6 % contre 4 %), et les jeunes femmes apparaissent comme les plus exposées (8 % des personnes interrogées de moins de 30 ans). Ce sont les membres du personnel des grands établissements (plus de 250 salariés) qui font état du niveau le plus élevé (8 %).
  • Un harcèlement sexuel, ou attention sexuelle non désirée, est signalé par moins de 2 % de l'ensemble des personnes interrogées, mais il concerne trois fois plus de travailleuses que de travailleurs. Ce sont, ici également, les jeunes femmes (moins de 30 ans) qui sont les plus exposées, puisque le taux d'incidence atteint 6% au sein de leur groupe.

Source: Agence européenne de santé et de sécurité au travail

Au niveau français

  • Près de 16 % des salariés déclarent au moins un épisode de violence ou de discrimination au cours des 12 derniers mois (19 % chez les femmes et 14 % chez les hommes).
  • 13,5 % des femmes et 10 % des hommes ont été l'objet "d'intimidations, de menaces ou d'humiliations" (de loin le fait le plus rapporté).
  • 12 % des salariés déclarent avoir été contraints de travailler (au moins une fois) d'une façon qui heurtait leur conscience, au cours des 12 derniers mois.
  • Le rapport met en évidence des disparités importantes de violences et discriminations au travail en fonction des secteurs d'activités:
  • 40 % des collaborateurs du secteur santé et action sociale(26 % des hommes et 14 % des femmes),
  • 34 % des collaborateurs du secteur services collectifs, sociaux et personnels: 20 % des femmes et 14 % des hommes,
  • 33 % des collaborateurs du secteur transports et communications: 17 % des hommes et 16 % des femmes,
  • 21 % des collaborateurs du secteur commerce, réparations d'automobiles et d'articles domestiques: 13 % des femmes et 8 % des hommes,
  • 15,5 % des collaborateurs du secteur industrie manufacturière: 8 % de femmes et 7,5 % d'hommes,

Source : SAMOTRACE, résultats intermédiaires sur les risques psychosociaux au travail, 2006 à 2007, sur 3000 personnes. Etude publié par l'INVS, mai 2007.

 

 

Article écrit par : Eric Scholer
(Créé le 08/10/2009 et modifié le 12/10/2009)
 
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